Tableau de bord de l'épargne en Europe
« L’Observatoire de l’Epargne Européenne (OEE) a publié son tableau de bord de l’épargne en Europe qui décrit les récents comportements d’épargne et d’endettement des ménages européens.
La conjoncture de l’épargne à la fin de l’année 2007 et au début 2008 reste marquée par l’inversion de la courbe des taux d’intérêts, tandis que la stabilisation des cours boursiers devient une chute, en rupture de tendance nette avec la période 2003-2006. Les prix des logements sont aussi désormais clairement orientés à la baisse, non seulement en Allemagne comme c’est le cas depuis la fin 2006, mais aussi désormais au Royaume-Uni. Dans ce contexte d’incertitude, aggravé en Allemagne par la stagnation des revenus, les taux d’épargne tendent à augmenter. Ce n’est pas tant l’accroissement des placements financiers qui explique ce déplacement du partage du revenu entre épargne et consommation que le moindre recours au crédit.
Parmi les différents supports de placements financiers, la progression des avoirs monétaires – monnaie fiduciaire et compte à vue – s’accélère. L’épargne liquide – sous forme de dépôts à court terme ou de livrets – augmente elle aussi. La recherche de sécurité diminue parmi les épargnants. Les Bourses sont plus actives que jamais, mais les particuliers s’en détournent, en particulier au Royaume-Uni et en Allemagne. L’ « offre boursière » se réduit d’ailleurs aussi, et le nombre de sociétés cotées diminue. De plus, les évolutions de la fiscalité en France, et surtout en Allemagne à partir de 2009, n’incitent pas les épargnants à investir en Bourse.
Les placements intermédiés par les fonds d’investissement régressent aussi dans la plupart des pays, même si, sur l’ensemble de l’année 2007, les OPCVM ont tout de même collecté 170 milliards d’euros. Au quatrième trimestre 2007, les fonds monétaires enregistrent une décollecte de 21 milliards d’euros (9 milliards en données CVS) en France. Partout, les fonds actions régressent. Dans ce contexte, il faut noter que les deux pays « malades » de leurs OPCVM depuis plusieurs années voient leur sort diverger : l’hémorragie continue en Italie (sauf sur les hedge funds) alors que l’on observe une stabilisation en Allemagne. La réforme fiscale en gestation accompagne cette stabilisation, en soumettant les actions détenues en direct à une imposition plus défavorable que les fonds.
L’épargne salariale, malgré un contexte aggravé en France par la mesure de déblocage, résiste. L’une des innovations marquantes en préparation pourrait bien être la mise en place prochaine en Allemagne d’un dispositif d’épargne salariale incitatif à travers des fonds d’investissement, qui diminuent le risque, par comparaison avec l’investissement, quasi-exclusif aujourd’hui, sur l’entreprise où travaille le salarié.
L’assurance vie ralentit sa croissance après une année 2006 exceptionnelle. Sauf en Allemagne, les contrats en euros ont maintenu des taux de croissance de leur collecte supérieurs aux contrats en unités de compte, nouvelle illustration de la recherche de sécurité des épargnants.
Enfin du côté du crédit, les prêts à l’habitat sont en général stabilisés ou en régression dans le cas de l’Allemagne. Mais la production de nouveaux crédits, soutenue par les mesures du « paquet fiscal », résiste en France. »
Source : OEE
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